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  SAMEDI 07 JUIN 2014 - ESCHENBERG
   
                    

Ce matin, le soleil est le premier « accompagnateur » réveillé. Une belle journée s'annonce. Est-il vraiment nécessaire de s'encombrer d'une cape de pluie ?

Deux équipes d'accompagnateurs au départ de Strasbourg Nord et Strasbourg Sud se mettent en route pour rejoindre une autre équipe déjà chaussée sur le parking du centre de détention. Quelques brins d'humour échangés pour le plaisir de se retrouver sous la bannière de DECLIC et il est 9h...le temps de se rendre au poste de garde accueillir les marcheurs.

En tête des marcheurs, d'un pas décidé, notre « ancien » qui marche avec DECLIC depuis novembre 2011, portant à bout de bras notre déjeuner préparé avec soin, un sourire au coin des lèvres.

Les premières salutations faites, nos 5 marcheurs présents se répartissent dans les voitures, direction Eschenberg. Une fois arrivés, l'opération « préparation des sacs » est « en marche » : répartition des 12 bouteilles d'eau, distribution des sandwichs, chips et autres gourmandises, chaussures enfilés, bâtons réglés et nous voilà parés à cheminer, ensemble, sous un ciel bleu, à l'ombre d'une forêt accueillante.

Une première halte, comme un rituel, pour partager le premier café et les saveurs de brioches. Ce temps convivial et matinal est aussi l'occasion de présenter aux marcheurs une personne invitée par DECLIC pour la marche de ce jour. Il s'agit d'une personne occupant des responsabilités dans le domaine de l'insertion pour les personnes incarcérées : l'occasion pour les marcheurs d'échanger, de poser des questions, de réagir à l'actualité autour de la réforme pénale, d'évoquer leur situation, leur parcours, leurs démarches, leurs espoirs d'une autre vie. L'accueil est chaleureux, l'écoute attentive. Le groupe se remet ensuite en route pour ses premières heures de marche.

Il faut chaud, les haltes « eau, fruits et papote » sont régulières. Comme à son habitude, notre groupe n'est pas une masse compacte, car le rythme varie d'une paire de jambes à l'autre...mais la solidarité reste le ciment, car personne n'est à la traîne, seul.

Le soleil à son zénith indique l'heure du déjeuner, nous retrouvons notre « restaurant préféré », cette petite cabane sous les arbres qui chatouillent le ciel, un toit, quelques bancs pour nous installer, chacun à son aise.

Notre chef cuisiner, pour sa « peut-être » dernière marche, nous a encore gâtés : des sandwichs fournis et des sucreries pour reprendre des forces. Les uns partagent ce repas en discutant, d'autres s'éloignent à peine comme pour se ressourcer....Un accompagnateur se laisse aller à quelques mots d'explication sur le chamanisme, il faut dire que l'endroit inspire et apaise.

Notre guide du jour sonne la fin de cette pause qui appelait presque la sieste et nous nous remettons en route, sous une certaine chaleur.

Au détour du chemin, notre chemin croise l'arbre de la liberté. Le symbole est salué et notre groupe s'installe autour de cet arbre dont le nom est porteur d'espoir. Deux photos et l'instant est désormais un souvenir fort de nos marches.

Nous poursuivons et d'autres sujet sont abordés : « et si je faisais une formation professionnelle en sortant ? J'espère que le foyer acceptera ma demande d'hébergement. C'est difficile, mais je vais y arriver, à mon rythme ».

Une dernière pause près d'un étang pour faire le bilan de la journée : la présence de notre invité a permis à chacun d'exprimer son quotidien au sein de la détention, ses espoirs d'insertion professionnelle, de verbaliser un nouveau projet de vie, d'avoir une autre éclairage de sa situation.

Un marcheur exprime, certes en aparté, à quel point ces marches lui ont permis de mûrir, de changer et de s'ouvrir...un moment d'une rare émotion pour une personne qui avait plutôt tendance à garder les choses. Ses yeux parlent et expriment le chemin parcouru. Il est conscient que le chemin à parcourir risque encore d'être sinueux, mais cette fois-ci il y a comme une détermination et peut être une sérénité à l'emprunter vers l'insertion, la liberté de soi et la citoyenneté de regarder un certain passé en face.

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